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AG de la FMB

Bâtir dans des conditions claires, stables et loyales

L'Assemblée générale de la Fédération genevoise des métiers du bâtiment est l'événement incontournable du début de l'été, pour tout ce que Genève compte d'acteurs de la construction. Cette année, le président Serge Hiltpold a d'emblée précisé que les bâtisseurs n'entendaient pas passer pour «d'incorrigibles râleurs», mais que même si l'on construisait beaucoup dans la République, un certain nombre de problèmes lancinants comme le travail au noir, les attributions de marchés publics aux moins-disants et la concurrence déloyale restaient préoccupants.

En septante éditions de l’AG de la FMB, les observateurs ont pris l’habitude de mesurer la présence des politiciens comme une marque de l’attention des pouvoirs publics aux problèmes de la construction. Bien sûr, en année électorale, une foison d’élus et de candidats se précipitent à cet événement. On se souvient de la harangue du secrétaire général Barrilllier, voilà quelques années, remerciant les politiques d’avoir «trouvé du temps pour venir nous voir malgré l’emploi du temps chargé d’une campagne électorale». Mais 2017 n’est pas une année électorale, et la présence attentive tant du président du Grand Conseil Eric Leyvraz que des conseillers d’Etat Serge Dal Busco et Luc Barthassat, ainsi que du conseiller national Benoît Genecand et d’autres élus et magistrats comme le Maire de Carouge Anne Hiltpold montre une sincère attention à la situation des entreprises de la construction. Celles-ci assurent une mission de formation et de transmission du savoir essentielle et méritent d’exercer dans un contexte de sécurité juridique, de stabilité fiscale et de contrôle loyal des conditions de concurrence.

L’Etat à vos côtés
Dans un discours serein  et structuré, l’ingénieur civil Dal Busco devenu patron du Département des finances a répondu aux inquiétudes de la FMB sur trois points principaux.
Le premier portait sur la réforme manquée de la fiscalité des entreprises. Le rejet populaire de la RIE III a créé un vent de panique chez certains dirigeants de grandes firmes, et le Conseil d’Etat s’est attaché à les rassurer en relançant aussitôt les réfexions; Serge Dal Busco s’est littéralement imposé au sein du groupe de travail de dix-sept personnes œuvrant au «Projet fiscal 17» autour du conseiller fédéral Ueli Maurer. «Il va falloir recalibrer certains outils fiscaux et assurer aux sociétés à statut spécial une vraie sécurité juridique», a souligné le ministre, rappelant que ces firmes représentaient à Genève quelque 22 000 emplois directs et 60 000 indirects. Le PF 17, compatible avec les projets genevois, devrait arriver à bon port l’an prochain et même s’il entraîne quelques «efforts pour les employeurs», l’Etat compte sur «un accueil bienveillant».
Second point abordé: les projets d’investissement, dont le montant global a doublé, tandis que la dette a diminué d’un milliard en trois ans. Mais ce bon carnet scolaire risque d’être corrigé négativement si la nouvelle réforme fiscale ne passe pas la rampe. Enfin, troisième réponse du conseiller d’Etat: les marchés publics et la concurrence déloyale. «Il faut contrecarrer de manière absolue la tendance à viser au moins cher sans tenir compte d’autres critères», a dit Serge Dal Busco, qui estime l’idée fédérale actuellement en examen de réclamer non l’application des règles locales, mais celle des règles du canton d’origine des intervenants, comme «une dérive dévastatrice». Le Conseil d’Etat est aux côtés des bâtisseurs, a-t-il affirmé, promettant  des «correctifs» efficaces - certains sont déjà en vigueur - pour combattre le travail au noir, la sous-traitance en cascade et autres «pratiques inadmissibles». Mais dans ce contexte, le ministre invite les partenaires sociaux à s’accorder au lieu de se perdre en querelles stériles. Une question de bon sens et d’efficacité, devait-il conclure. 


Vincent Naville

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