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Conférence à Genève

Comment devenir un génie

Le groupe SPG, toujours attentif aux évolutions de la société contemporaine, a parrainé récemment une conférence publique à la FER, en collaboration avec le réseau «Rezonance», sur le thème: «Le coup de génie, s’inspirer des grands génies pour développer sa créativité et son leadership». L’orateur était le consultant et formateur genevois Jean-Marc Guscetti.

Coco Chanel, Galilée, Milton Erickson, Jeanne d’Arc ou encore Larry Page, issus d’univers bien distincts, ont partagé et su exploiter avec brio ce que tout un chacun a en lui mais n’a pas forcément encore pu faire émerger, à savoir sa part de génie. Mais voilà, il y a urgence, notre XXIe siècle est en manque cruel de génies! Alors, serez-vous le prochain à relever le défi?
Les fruits de la 3e révolution industrielle de Jeremy Rifkin «ont donné tout leur jus» et les génies qu’elle a vu naître.  La révolution dite 4.0, (celle de l’intelligence artificielle et de la robotisation, véritable tsunami technologique d’après Klaus Schwab, fondateur du Forum de Davos) «ne l’a pas encore fait», indique Jean-Marc Guscetti dès les premières pages de son troisième livre, tout juste sorti aux Editions Slatkine sous le titre «Le coup de génie, s’inspirer des grands génies pour réveiller sa créativité et son leadership».
A la FER Genève, l’auteur et ses invités (l’avocate et écrivain Cécile Barro, Marc Scialom, psychothérapeute et enseignant en PNL, et Marc Voltenauer, écrivain) ont donné quelques pistes à l’auditoire pour le mettre sur la voie de la lumière suprême: le génie.
Qu’on se le dise, depuis une dizaine d’années, le monde connaît donc selon Guscetti une «raréfaction des génies», qui peut s’expliquer par «une stagnation de l’innovation, une soumission progressive aux nouvelles technologies et aux diktats de certains pays, ainsi qu’un fort accroissement du stress pouvant conduire à une diminution de la créativité». En d’autres termes, l’humain du IIIe millénaire sous pression (crise économique et migratoire, attentats, perte de liberté, accélération massive de la productivité et développement frénétique des NTIC, etc.) n’est plus en condition de créer, ni de faire émerger la part de génie qui est en lui.

Tous des génies?
«Un génie est une personne à la base ordinaire qui grâce à son engagement total et sa vision innovatrice est capable de créer un progrès majeur, pour être ensuite reconnu par tous», écrit l’auteur. Et d’ajouter: «On pense souvent que les génies sont des grands savants, dotés d’une intelligence inaccessible. Pourtant, le génie est avant tout humain et présent dans le cœur de chacun d’entre nous». Assurément une très bonne nouvelle, pour nous et l’humanité tout entière. Car les génies participent d’un monde meilleur et parfois le rendent plus beau, comme ont pu le faire dans leur domaine respectif Marie Curie ou Mozart, pour ne citer qu’eux. 
S’agit-il d’une espèce en voie de disparition? Sûrement pas. Cinéaste, mathématicien, musicien, psychanalyste, chef de guerre ou encore philosophe, les 22 génies dont il est question dans ce livre sont à la fois remarquables et inspirants. Nous pouvons donc compter sur le côté viral de l’inspiration du génie pour renouveler le vivier dont la planète a tant besoin.

De l’importance de créer des conditions
Quand bien même en cherchant des synonymes du nom «génie», pour éviter la redondance (c’est raté), je n’ai trouvé que les substantifs suivants: démon, esprit, ange, divinité, elfe ou encore lutin, n’en déplaise aux âmes romanesques, éprises du conte traditionnel «Aladin et la lampe merveilleuse», l’apparition du génie ne tient vraiment pas du miracle. De nature «besogneuse et engagée», le génie est homme ou femme d’excellence. Une personne qui s’investit à 200% dans son projet, son idée, sa vision. Cet utopiste manifeste, qui a fait de l’imagination et du rêve ses principaux moteurs, brave les critiques des sceptiques, animé d’un infaillible courage.
L’utopie, à laquelle «il est temps pour les entreprises de s’ouvrir», conseille Jean-Marc Guscetti, libère en effet ce qu’on aime à nommer les champs du possible, abolit les barrières qui entravent la vision et permet un dépassement de soi. Le génie créatif et le leadership sont ainsi convoqués. Cécile Barro qui a étudié dix ans durant les œuvres majeures et les manuscrits de Léonard de Vinci, évoque ici la capacité du maître de la Renaissance, muni d’un incroyable esprit transversal et éclectique, à utiliser les deux hémisphères de son cerveau. Parfois, comme pour Galilée, le génie advient de manière inattendue (à découvrir dans le livre); une expérience nommée «sérendipité», du mot anglais inventé par Horace Walpole au XVIIIe siècle et qui désigne un type de découverte obtenue grâce à un  mélange de hasard et de clairvoyance.

Les recettes
A travers ses observations et ses exemples d’illustres génies, Jean-Marc Guscetti nous invite  à cerner les ingrédients indispensables pour révéler le génie qui sommeille en nous: citons l’audace et la créativité de rupture dont Coco Chanel fera bon usage pour littéralement casser les codes d’une mode féminine alors trop contraignante et corsetée ou l’engagement total obéissant à la règle des «dix mille heures de travail régulier» (en tout sept ans à raison de quatre heures par jour) pour faire émerger la performance, chère dans les années 1920 au joueur de tennis médaillé olympique René Lacoste.
Pas de peur du vide
Dans le processus de création, Marc Voltenauer, auteur genevois de polars à succès, a témoigné lors de la conférence de l’importance de se créer un environnement de travail favorable; il conseille également de mettre au point des rituels «pour être présent et disponible», d’accéder ainsi au stade de pleine conscience mais aussi de rester confiant face à la page blanche. Il faut, dit-il, mettre à profit ses «moments de vide» pour faire des recherches et stimuler sa curiosité. 

Marion Celda

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